Marie MORANTIN, Architecte à la C.A.P.E.B. d’Ille et Vilaine

(Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment)

Colloque : " architecture au féminin : les métiers de la réhabilitation"

Intervention prévue le vendredi 1er octobre de 15 heures à 15 heures 15.

 

Texte de l’intervention :

 

INTRODUCTION :

Présentation de la C.A.P.E.B. – Conditions d’intégration dans la structure – Fonctions occupées.

 

La C.A.P.E.B. d’Ile et Vilaine est une organisation professionnelle patronale (syndicat) à laquelle peuvent adhérer les petites entreprises du bâtiment (moins de 15 salariés).

En Ille et Vilaine, la C.A.P.E.B. compte ainsi 1200 adhérents.

Les structures C.A.P.E.B. remplissent un double rôle auprès de leurs adhérents :

 

 

J’ai intégré les services de la C.A.P.E.B. d’Ille et Vilaine à l’occasion du stage de formation longue durée " Réhabilitation du patrimoine : lieu de convergence architectes-artisans ".

Ce stage à destination des architectes était organisé conjointement par le Ministère de la Culture et de la Communication, Direction de l’Architecture et du Patrimoine, l’A.R.V.HA.(Association pour la Recherche sur la Ville et l’Habitat) et l’A.N.F.A.B., Agence Nationale pour la Formation des Artisans du Bâtiment, organisme en relation étroite avec la C.A.P.E.B..

Ce stage bénéficiait également de la participation du F.S.E. (Fond Social Européen).

Il s’est déroulé du 14 avril 1998 au 13 avril 1999.

La C.A.P.E.B. d’Ille et Vilaine a saisi l’opportunité offerte par ce stage pour créer un nouveau poste au sein de l’équipe existante de six personnes.

Il était en effet question de recruter une personne chargée de développer le service technique, qui n’existait pas alors en tant que tel.

 

De plus, la C.A.P.E.B nationale impulsant à cette période de nombreux projets sur le thème de la réhabilitation (par exemple le stage longue durée en question), c’était l’occasion de confier à la personne accueillie la mise en place et l’animation de ces projets à l’échelle départementale.

J’ai été séduite par cette offre qui correspondait à une façon assez inédite de pratiquer mon métier d’architecte.

J’ai passé mon diplôme en juin 1995 et après avoir travaillé pendant trois ans en libéral chez divers confrères en Bretagne il me plaisait finalement assez d’explorer une nouvelle piste, " hors sentiers battus ".

Cette nouvelle expérience me permettait également de me rapprocher du monde des entreprises artisanales du bâtiment que j’avais eu jusqu’alors beaucoup d’intérêt et de plaisir à côtoyer lors de suivis de chantiers.

Mon rôle à la C.A.P.E.B. est aussi de contribuer à renforcer les échanges entre les architectes et les artisans en me faisant l’écho des préoccupations des artisans auprès des architectes et réciproquement.

Un rôle de médiatrice en quelque sorte qui m’a permis de vérifier qu’il existe de nombreuses similitudes entre le fonctionnement des petites entreprises du bâtiment et des agences d’architecture.

(mêmes échelles de structures, gestions comparables, activités des unes et des autres rythmées par les chantiers,…).

 

LES DEUX ASPECTS DE MON ROLE A LA C.A.P.E.B :

L’animation du service technique – L’animation des projets sur le thème de la réhabilitation du patrimoine.

 

 

Elle consiste en une assistance quotidienne auprès des artisans qui souhaitent des renseignements ou des conseils techniques et administratifs pour la réalisation de marchés publics ou privés.

Par exemple :

 

 

Dans le cadre de ces projets, une partie de ma tâche consiste en un important travail relationnel avec des organismes tels que les Conseils Régional et Général, les mairies, le Pact Arim, le S.D.A.P., la D.R.A.C., la D.D.E., , les services de l’A.N.A.H., …….

 

Enfin, je participe également aux moments qui rythment la vie d’une C.A.P.E.B. en animant à l’occasion les réunions de bureaux des différentes sections de corps de métiers (Maçonnerie, Charpente-Menuiserie, Peinture, Plomberie-Chauffage, etc…….) ou encore les assemblées générales annuelles de ces mêmes bureaux.

 

les spécificites du role de Femme - architecte dans une C.A.P.E.B.

 

Dans tous les aspects de mon travail, je me positionne avant tout comme architecte.

Je pense que c’est une garantie d’efficacité et de crédibilité de se présenter d’abord dans son métier comme professionnel exerçant des compétences et que le fait d’être une femme doit être une donnée acquise.

La manière d’exercer nos compétences dépend de notre personnalité et comme pour tout individu, ma personnalité associe une part de féminité mais aussi de masculinité.

Parfois en prenant du recul, je constate effectivement que la plupart du temps en réunion, que ce soit en interne ou à l’extérieur, mes interlocuteurs sont presque toujours des hommes.

Ça ne m’a jamais posé de problème particulier.

Je me sers autant de ma logique féminine que de ma logique masculine et je dirais qu’à côtoyer surtout des hommes, j’affine constamment la dernière !

L’idéal, à mon avis, est de tendre à un équilibre entre ces deux logiques, un mélange entre la capacité à l’empathie, plutôt féminine, et la détermination sans état d’âme et dans le strict respect de l’adversaire dans l’objectif à atteindre, qui serait, elle, plutôt masculine.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le fait d’être une femme et de travailler dans le milieu de l’artisanat du bâtiment ne me complique pas plus la tâche que si j’étais un homme.

Le milieu de l’artisanat n’est pas misogyne, et je dirais même, tout au contraire.

Cela tient pour beaucoup, je pense, au fait que dans les petites entreprises, les conjoints travaillent très souvent ensemble et les hommes respectent complètement, à travers la participation indispensable de leur femme, le travail et l’autorité féminine en général.

Les artisans attendent bien plus que je leur fasse la preuve de mes compétences en tant qu’architecte, mais sincèrement, que je sois une femme ne les rend ni plus indulgents ni plus sévères à mon égard.

Que ce soit dans le monde des architectes ou dans celui des artisans, ce qui me demande surtout une énergie supplémentaire, c’est de modifier les a-priori et les fausses images véhiculées de part et d’autre sur les uns et sur les autres.

Pour terminer, j’ajouterai que l’équipe de sept personnes dont je fais partie à la C.A.P.E.B. compte cinq femmes, qui pour certaines y travaillent depuis plus de dix ans, et que la solidarité féminine y joue à plein.

Architecte et femme dans une C.A.P.E.B. : pour l’instant, c’est une condition qui me comble complètement.

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