Architecte dans la fonction publique territoriale

par
Anna TASSOU-REDOR

Je suis née à Chypre, et je suis venue en France pour mes études d’Architecture. À Chypre, il n’y avait pas à cette époque d’université. Les étudiants partaient en Grèce, en Angleterre ou dans les pays de l’Est pour effectuer leurs études supérieures.

Je suis venue en France parce que je voulais entrer à l’école des beaux-arts, et suivre, parallèlement à mes études d’architecture, des ateliers de dessin et de peinture. J’ai suivi mes études à UP6 devenue Paris La Villette. Passionnée par les centres anciens, intéressée par leur valorisation et l’intégration de l’architecture contemporaine dans les sites historiques, j’ai choisi comme site d’intervention la ville fortifiée de Nicosie et j’ai ainsi obtenu en 1980 mon diplôme d’architecte DPLG et deux ans plus tard, une maîtrise en aménagement du territoire à Paris VIII.

Pensant que mon avenir était à Chypre et encouragée par Anatole Kopp, qui avait beaucoup apprécié mon approche du problème de revitalisation de la ville fortifiée de Nicosie, je retourne à Chypre. L’expérience n’a pas été longue. Déçue par la mentalité et l’inertie qui existait à l’époque au ministère de la planification urbaine " Town Planning ", je suis revenue en France.

De 1980 à 1984, j’ai travaillé dans des agences parisiennes d’architecture où j’ai collaboré à la réalisation de projets d’équipements hospitaliers, universitaires. J’ai participé à des concours et j’ai réalisé avec Xavier Jaupitre 150 logements à Eaubonne.

En 1984, à l’occasion de la naissance de mon 1er enfant, je fais le point sur mon avenir professionnel. Trois solutions s’offrent alors à moi :

Je me suis orientée en définitive vers les différentes missions qu’un architecte peut avoir dans les villes en répondant à des offres d’emploi. Je me suis alors rendu compte que le diplôme d’architecte faisait peur aux élus et aux secrétaires généraux des villes. Dans leur esprit, le métier d’architecte s’exerce en libéral, et il intervient dans les grands projets d’équipement. Il y avait aussi une certaine méfiance pour le recrutement d’un architecte, " sur diplômé ", à l’époque où dans les structures communales, très peu d’employés, même parmi les cadres, possédaient des diplômes d’études supérieures.

Entrée dans une collectivité territoriale

En 1985, je saisis l’ouverture vers les collectivités locales qu’offre la décentralisation. J’ai la chance de participer à une formation pour jeunes architectes, et j’interviens sur la ville de Pontoise pour la révision totale du plan d’occupation des sols. Il faut peut-être vous indiquer la problématique qui m’avait été posée à l’époque et à laquelle il a fallu apporter une réponse : la ville de Pontoise, malgré son site remarquable et sa situation au sein de la ville nouvelle de Cergy Pontoise n’attirait pas les opérateurs. Il y avait en effet une réglementation contraignante, empêchant tout nouveau projet de sortir de terre.

Architecte – Prospective et planification urbaine.

J’effectue dans le cadre de cette mission (contrat d’un an) un travail de recherche historique, d’analyse sociologique, de la morphologie urbaine et du bâti. Ce travail " de terrain " communiqué d’abord aux élus responsables de l’urbanisme (le Maire et le 1er Maire adjoint) leur a permis de mieux comprendre leur ville et m’a permis d’élaborer et de faire passer les propositions de développement et d’aménagement du territoire de la commune avec conviction, et d’aboutir dans le cadre du POS à une réglementation souple et qualitative.

À travers cette expérience réalisée avec patience et ténacité, j’ai réussi à démontrer qu’un architecte a entièrement sa place dans la structure communale puisque par sa compétence en matière d’aménagement, de construction, et son exigence pour la qualité, l’esthétisme trouve place quotidiennement dans la vie de la cité.

L’intervention sur le bâti, sur les espaces urbains, le mobilier, la qualité de leur traitement, l’identification des lieux, la prise en compte des modes de vie, ainsi que du vécu des espaces par les habitants ou les utilisateurs, requièrent une sensibilité particulière, qu’une femme, et surtout une femme architecte, appréhende. ( )

Pendant cette période, j’effectue aussi des missions de conseil auprès de l’élu de l’urbanisme, et il m’associe régulièrement aux réunions ainsi qu’à ses rendez-vous avec les administrés.

Architecte – Missions de maîtrise d’œuvre.

On prend aussi au bout de quelques mois l’habitude de recueillir mon avis sur des projets nouveaux et on me demande d’intervenir dans des projets de réaménagement de locaux de l’Hôtel de Ville où à l’occasion de création de nouveaux services, le besoin se ressentait de réorganiser complètement des espaces.

Les projets étaient faits auparavant par les dessinateurs qui dessinaient des espaces bureaux sans recherche spatiale, sans recherche d’économie.

Malgré les surcharges de travail que cette nouvelle mission représentait pour moi, je saisis l’occasion d’une nouvelle expérience qui aurait pu mal se terminer, mais j’ai pensé que c’était l’occasion de démontrer que l’architecture est un métier à part entière, qu’un architecte peut apporter une autre façon de faire, une autre manière d’appréhender les espaces et de les vivre.

Il s’agissait aussi de fabriquer des espaces pour une vie moderne, d’introduire les notions d’un travail différent, un accueil des administrés plus agréable, plus convivial et plus contemporain.

L’abandon des " hygiaphones ", du rustique, poutres apparentes, l’introduction de nouveaux concepts architecturaux et de nouveaux modes de comportement (alliance de la pierre et du métal, accueil du public assis devant soi), ont été autant d’obstacles à franchir.

Dans cette problématique, le pari était double. Convaincre les élus, le personnel administratif y travaillant, et former les ouvriers tous corps d’état employés de la mairie, qui allaient exécuter les travaux. Travail important, où tous les partenaires ont été associés, à chaque étape du projet. Croquis, plans d’aménagement, plans d’exécution, formation des ouvriers, recherche de matériaux nouveaux, travail sur le terrain et avec eux.

Résultat, une réussite sur tous les plans. La motivation et l’élan propulsé par cette expérience ont permis à tous les métiers techniques de démontrer qu’ils étaient capables de construire un environnement de qualité, et de faire autre chose que des interventions urgentes ou le strict entretien, qui finissaient par les lasser.

Réussite aussi, parce que grâce à cette expérience, outre la revalorisation de chacun des métiers, il y a eu un rapprochement des métiers techniques et des métiers administratifs, deux mondes distincts et aux relations souvent conflictuelles.

Réussite aussi, parce qu’à travers cette entreprise, j’ai fait introduire de nouvelles notions, liées à l’utilisation de l’espace, la modernité, la convivialité, l’esthétique et le sens pratique des choses. Démontrant que l’esthétisme ne coûte pas forcément plus cher, que l’esthétique utilisée au sens pratique doit faire partie de nos préoccupations quotidiennes.

Cette expérience a eu aussi pour objet de faire découvrir le métier d’architecte, et de montrer son utilité quant à l’apport de nouvelles idées, l’optimisation de l’espace, l’apport de nouvelles méthodes de travail et la recherche de nouveaux matériaux.

Cette expérience s’est vue renouvelée pendant plusieurs années et de cette manière, à travers un plan pluriannuel, les locaux administratifs se réaménagent et la création d’un petit bureau d’étude a vu le jour.

Architecte – Responsable d’un service urbanisme – Urbanisme opérationnel – Missions de conseil architectural.

Les études réalisées en vue de la révision du plan d’occupation des sols, la connaissance du terrain, la passion exprimée pour cette ville à travers les documents produits, ont été des atouts pour une poursuite de la collaboration.

Fin 1986, après un travail de persuasion et en mettant l’accent sur la nécessité d’un tel service pour une ville de 27 000 habitants, de la nécessité d’être l’interlocuteur direct des administrés, et pour répondre aux objectifs de la décentralisation, j’ai réussi à persuader les élus de la nécessité d’un service urbanisme. J’ai été l’initiatrice de la création d’un service Urbanisme Architecture Affaires domaniales et j’ai eu la chance d’être suivie.

Le service comprenant initialement 3 personnes dont moi-même, a été formé, motivé, et il a accompli des missions difficiles mais réussies, en aboutissant en 1993 à l’instruction complète de toutes les autorisations d’occupation des sols (auparavant instruites par la DDE).

Le service s’est vu étoffé - 6 personnes - et a su initier des opérations d’aménagement : lotissements communaux, ouverture à l’urbanisation de zones NA, création et réalisation de ZAC, réalisation de plusieurs OPAH, contrats de développement urbain, règlement de publicité, enseignes et pré enseignes, cahier de recommandations architecturales, conseil en architecture auprès des administrés préalable au dépôt de permis de construire ou pendant l’instruction, gestion du contentieux…. Et beaucoup reste encore à faire.

Ce service, à travers son efficacité et son sens du service public a réussi à effacer l’image mystérieuse et poussiéreuse de l’administration.

Perception de l’architecte communal et rivalités.

L’existence d’un architecte au sein de la commune est plutôt appréciée par les administrés. Ils savent s’ils le souhaitent qu’ils obtiendront un conseil, et que ce conseil est toujours positif. Il prend en compte leurs souhaits ou modes de vie mais tout en étant contraignantes, les modifications demandées vont toujours dans le sens de l’amélioration et apportent une plus value esthétique. Il existe bien évidemment des habitants qui ont du mal à admettre que quelqu’un d'autres puisse modifier leur projet, mais après discussion, élaboration de croquis, le vécu d’une femme architecte finit généralement par les convaincre et les satisfaire.

Les relations peuvent être plus difficiles quand un architecte intervient pour le dépôt d’un permis de construire. Les relations peuvent devenir conflictuelles face à un projet dont le maître d’œuvre n’accepte pas l’échange d’avis ou des modifications demandées par un architecte " fonctionnaire ". Il acceptera plus facilement les critiques d’un ABF que d’un architecte communal. C’est pour cette raison que pour tout projet dont l’avis de l’ABF doit être recueilli, j’effectue un travail en amont, et en concertation afin d’avoir un avis unanime et d’éviter les conflits.

Entre 1989 et 1995, dualité, rivalité entre Services Techniques et Urbanisme.

Les relations avec les services techniques, dont l’activité est omniprésente dans la ville, sont devenues conflictuelles, ou plutôt tendues. Dans notre ville, les services techniques ont un effectif de 150 personnes.

1 cadre A, le directeur, ingénieur en chef.

5 cadres B, techniciens territoriaux, encadrant le reste du personnel.

Les services techniques ont en charge les grands travaux liés aux bâtiments et aux espaces urbains, l’entretien des bâtiments publics, des espaces verts, de la voirie et des réseaux, la propreté, le transport, les ordures ménagères.

Des conflits sont apparus en particulier sur le choix des matériaux, des couleurs, du mobilier urbain choisis par les techniciens dont le désintérêt sur ces questions était manifeste. De plus, recueillir l’avis d’un architecte, ou plutôt d’un collègue, cela voulait dire " dévoiler son projet, et perdre un peu de son pouvoir " !

Les services techniques ont une approche quantitative et statistique des choses. Ils fonctionnent habituellement en circuit fermé et dans une autonomie qui finit par être gênante pour un bon fonctionnement. De plus, les services techniques avaient une mauvaise presse auprès de la population. Les habitants n’avaient pas d’interlocuteur. D’autre part, il y avait globalement une mauvaise approche de la gestion financière et humaine.

Après l’élection municipale de juin 1995, le nouveau maire – jeune socialiste – ayant gagné les élections contre l’ancien maire UDF, a eu la volonté d’associer les femmes à l’administration municipale.

Dans ce contexte et sans doute aussi grâce à la reconnaissance acquise à travers la responsabilité assumée au sein du service urbanisme, et parce qu’une femme a une approche différente des affaires communales, le maire m’a proposé la direction des infrastructures, du patrimoine et du développement urbain (direction des services techniques et de l’urbanisme).

Le challenge était énorme :

La nouvelle équipe municipale voulait montrer son action, et marquer sa présence immédiatement.

Quand la proposition m’a été faite, j’étais en congé maternité de mon 3ème enfant. Ce poste exigeant une très grande disponibilité – d’où la présence de très peu de femmes – avec mes trois jeunes enfants et mon mari pris par son travail et peu présent à la maison, les obstacles étaient nombreux, importants et non reconnus, d’où la nécessité d’une nouvelle organisation et de la présence d’une aide à domicile.

Consciente de la charge de travail et des responsabilités, j’ai évoqué les problèmes d’organisation, et j’ai eu des promesses concernant le personnel et l’organisation du travail.

Je vais vous raconter une petite anecdote :

Lors de l’entretien préalable sur la proposition qui m’a été faite, j’ai rappelé au maire que j’avais une famille, dont 3 enfants, et je l’ai interrogé sur les difficultés familiales que ce poste allait entraîner. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas de souci à se faire, que cela dépendait de moi et que je pouvais organiser mon temps de travail en conséquence.

Bien entendu, vous avez compris que la réalité est tout autre. Bref, entre les réunions hebdomadaires des bureaux municipaux, les commissions, les conseils municipaux et les réunions de concertation avec les associations et les habitants ayant lieu le soir, s’ajoutant à un travail quotidien extrêmement chargé – dû au manque de personnel qualifié – j’ai dû affronter une surcharge de travail excessive qui n’est pas sans conséquence : fatigue et manque de temps pour s’occuper de la famille et de soi-même.

Architecte – Directeur des services techniques.

L’opportunité qui m’a été offerte m’a séduite sur plusieurs aspects, très intéressants. Tout d’abord, j’étais convaincue que la présence d’une femme architecte apporterait une plus value non négligeable à ce type de fonction. J’étais convaincue que j’avais des choses à exprimer :

J’ai accepté ce poste après réflexion et concertation, en pesant le pour et le contre, avec les assurances exprimées par le Maire et avec l’appui de mon mari.

Pour réussir dans ce type de fonction, il faut en général un environnement favorable, ce qui est loin d’être acquis durablement, et avoir une organisation spécifique qui permet à une femme d’exercer son activité professionnelle. Il faut également une certaine tranquillité d’esprit, une " liberté " qui permet la création. Sans cette liberté, l’imagination ne se développe pas, le renouveau est impossible et la routine vient perturber la vie, notamment professionnelle ; et pour un architecte, dont la mission essentielle est la création, une telle situation devient préoccupante.

Missions d’un directeur des services techniques et de l’urbanisme dans une collectivité territoriale :

Ma mission en tant que directeur des services techniques a été plus difficile et plus délicate.

Travailler dans un environnement essentiellement masculin, diriger des hommes parfois hostiles (ingénieurs, techniciens, ouvriers). Être face aux entreprises de travaux publics, sur les chantiers, exercer une autorité sur des métiers nouveaux pour moi, voirie et réseaux, propreté, espaces verts, garage et transports.

Il a fallu réorganiser la structure, modifier les modes de fonctionnement et de travail, introduire l’aspect qualitatif dans les interventions des services techniques jusqu’alors dirigés par un ingénieur homme, introduire la recherche préalable, l’évaluation de l’impact des opérations sur la vie des habitants, l’anticipation. Leur apprendre à anticiper et à prendre en compte tous les aspects pour accompagner les changements et atténuer les risques et les inconvénients.

Il y a eu en effet des résistances de la part des cadres dirigeants des services techniques. J’ai exigé une rigueur dans la gestion des opérations à laquelle ils n’étaient pas habitués.

Le dépassement des crédits sur les opérations était monnaie courante, les avenants aux marchés publics aussi. Il n’y avait pas de suivi des chantiers, les entreprises avaient pris l’habitude de travailler sans surveillance et d’imposer leur loi. Il m’a fallu un investissement important en présence sur le terrain, en temps de travail au quotidien.

Dans les 6 mois qui ont suivi ma prise de fonction, les pratiques ont beaucoup évolué. À l'occasion d’une grande opération de restructuration d’une artère importante (voie de desserte de la gare) et du centre ville, les services techniques ont su démontrer qu’ils étaient capables d’élaborer un projet innovant et global : voirie, assainissement, éclairage public, plantations d’alignement, mobilier urbain. Une première opération réussie, réalisée dans des délais exemplaires (9 mois), y compris les études, le projet, les concertations, les procédures des marchés et de l’exécution. Première opération globale également, prenant en compte tous les aspects qualitatifs et innovants que je vous ai déjà cités, et auxquels j’attache une grande importance.

Je complète mon propos en vous disant que 15 jours après le démarrage des travaux, l’entreprise attributaire du marché, connaissant la commune pour y avoir déjà travaillé, a annoncé 600.000 Frs de travaux supplémentaires et réclamait un avenant au marché. Inutile de vous dire que cette demande n’a pas été renouvelée et le marché s’est soldé à son montant initial.

Il a suffi que l’entreprise prenne conscience du changement des interlocuteurs, qu’il y avait un suivi, et qu’elle avait en face d’elle une femme avec un fonctionnement différent. On peut aussi penser qu’il y a moins de compromissions quand une femme intervient sur une opération.

S’imposer en tant que femme, auprès des entreprises n’a pas posé de difficulté. Je pense que le fait qu’une femme se déplace sur les chantiers, qu’elle discute les détails d’exécution, fait qu’elle est vite respectée. Mais il ne faut pas en conclure qu’elle réintègre le système traditionnel pour autant.

Je dois vous avouer que j’ai connu des moments de joie sur des chantiers où au cours de réunions, étant la seule femme parmi les hommes, je réussissais à démontrer ou à les convaincre que mon avis était le bon. Il y a souvent une sorte de jeu, où l’on a envie de montrer qu’il y une différence. Pour s’imposer face à ce monde masculin, il suffit de tenir sa place de femme, en imposant sa compétence et sa rigueur.

Une femme a sa propre vision des choses, une approche plus sensible de l’aménagement urbain. Elle a une approche différente sur les éléments fondamentaux comme la prise en compte du vécu, du quotidien. Elle a une vision globale de l’appropriation de l’espace, le sens pratique des choses.

Elle est tenace…

Tous ces atouts et bien d’autres font qu’une femme a sa place dans ce type de structure, et sa présence favorise l’équilibre.

CONCLUSION :

La frustration que j’éprouvais en tant que responsable du Service Urbanisme face au " poids lourd " Services Techniques difficiles à faire bouger, et où je n’avais pas la possibilité d’intervenir n’existe plus puisque en tant que Directeur des Services Techniques et de l’Urbanisme j’ai en charge la programmation et le contrôle de toutes les interventions sur la ville.

Le résultat est néanmoins mitigé.

Malgré la reprise en main et la redéfinition complète du rôle des services techniques, d’autres facteurs interviennent dus à la spécificité de la fonction publique où les frontières entre le pouvoir politique et l’Administration ne sont pas toujours évidentes. Il y a parfois confusion des rôles rendant les missions délicates, et je constate que la légitimité de ma fonction se rejoue quasi-quotidiennement.